Défendre l’indéfendable : une question de justice ou de conscience ?
Le métier d’avocat pénaliste est souvent critiqué, surtout lorsqu’il défend des accusés de crimes graves comme le viol. Comment peut-on accepter de représenter une personne dont les actes choquent et révoltent la société ? Pourtant, le rôle d’un avocat n’est pas de juger, mais de garantir un procès équitable. La justice repose sur un principe fondamental : chaque individu a droit à une défense, quelle que soit la gravité des faits qui lui sont reprochés.
Comme le dit l’adage, « le mensonge prend l’ascenseur et la vérité prend les escaliers. » Il est souvent plus facile de juger rapidement, de condamner sans chercher à comprendre. Prendre le temps de monter les escaliers, c’est accepter d’examiner chaque détail, d’écouter toutes les versions avant d’établir une vérité. Cela demande un effort, une remise en question des certitudes et des préjugés. « Il est plus facile de briser un atome qu’un préjugé. » Pourtant, la justice ne peut fonctionner sans cette capacité à dépasser nos perceptions initiales.
Un bon avocat sait que les êtres humains ne sont ni entièrement bourreaux, ni totalement victimes. Nous oscillons entre ces rôles, comme l’illustre le triangle de Karpman, aussi appelé le « triangle dramatique », qui définit trois rôles principaux dans les relations humaines : le bourreau, la victime et le sauveur.
- Le bourreau est celui qui inflige la souffrance. Dans le cadre judiciaire, l’accusé est souvent immédiatement perçu comme ce bourreau, responsable de tous les maux. Mais un bon avocat sait que le bourreau d’aujourd’hui a peut-être été une victime hier.
- La victime est celle qui subit l’injustice. Mais ce rôle peut être complexe : parfois, la véritable victime n’est pas celle que l’on imagine au premier abord. Certaines victimes refusent ce statut, tandis que d’autres l’exploitent.
- Le sauveur est celui qui veut aider, souvent guidé par la morale ou le besoin de réparer une injustice. L’avocat peut se voir comme un sauveur, mais à quel prix ? Peut-il défendre quelqu’un sans tomber dans ce piège, sans imposer sa propre vision du bien et du mal ?
L’avocat joue un rôle crucial en offrant à l’accusé une protection contre la condamnation rapide. Bien souvent, l’accusé se trouve écrasé par la pression sociale, médiatique, et par ses propres démons intérieurs. Son image est réduite à celle d’un criminel, et il est rejeté de manière violente. C’est là que l’avocat entre en jeu, avec pour mission d’aider son client à sortir de cette posture de soumission et de vulnérabilité. L’accusé n’est pas seulement un acteur du crime présumé, mais aussi un être humain qui, comme chacun de nous, possède des failles et des blessures. Nous avons tous des failles narcissiques, de la jalousie, des carences personnelles qui influencent nos comportements. Ces failles ne justifient pas des actes répréhensibles, mais elles expliquent parfois les gestes qui nous font sombrer.
C’est en cela qu’un avocat doit faire preuve d’empathie. Il doit être capable de se mettre à la place de son client, de comprendre ses motivations sans pour autant cautionner ses actions. Il doit savoir que l’accusé n’est pas qu’un monstre, mais un être humain, avec ses fragilités et ses errances. Le but de l’avocat est de changer de point de vue, de faire sauter les préjugés et de remettre en question les catégorisations hâtives. En faisant preuve d’empathie, l’avocat permet à son client d’exprimer sa vérité, de se défendre de manière plus humaine, loin des jugements simplistes.
Ce triangle de Karpman nous montre que tout le monde peut jouer plusieurs rôles à un moment donné, selon le contexte et les perceptions. L’avocat ne se contente pas de défendre son client face à un tribunal, mais aussi face à lui-même et à la société. Il doit faire face à des dilemmes juridiques, éthiques et humains complexes :
- Comment garantir un procès équitable, même lorsque l’opinion publique condamne déjà l’accusé ?
- Jusqu’où peut-il aller pour défendre un client sans trahir ses propres valeurs morales ?
- Comment distinguer la vérité des versions opposées présentées par la défense et l’accusation ?
- Comment gérer la pression médiatique et sociale qui entoure certaines affaires sensibles ?
- Que faire lorsqu’il sait que son client est coupable ? Peut-il tout de même chercher l’acquittement ?
- Comment protéger les droits de son client tout en respectant la souffrance des victimes ?
- Quelle responsabilité porte-t-il si son client est acquitté et récidive ensuite ?
Le métier d’avocat pénaliste est souvent critiqué, surtout lorsqu’il défend des accusés de crimes graves comme le viol. Pourtant, le rôle d’un avocat n’est pas de juger, mais de garantir un procès équitable. La justice repose sur un principe fondamental : chaque individu a droit à une défense, quelle que soit la gravité des faits qui lui sont reprochés. Deux émissions sont consacrées à ce sujet, je vous invite à revenir pour la 2éme partie de cette émissions avec Maitre Uriel Lipsyc
Comme le dit l’adage, « le mensonge prend l’ascenseur et la vérité prend les escaliers. » Prendre le temps de monter les escaliers, c’est accepter d’examiner chaque détail, d’écouter toutes les versions avant d’établir une vérité.
Comment peut-on accepter de représenter une personne dont les actes choquent et révoltent la société ?
Aujourd’hui dans le voyage intérieur je vous invite à porter la robe d’un d’avocat qui doit non seulement maîtriser la loi, mais aussi comprendre la psychologie humaine, naviguer dans des zones d’ombre et parfois faire face à ses propres doutes sans jamais perdre de vue le sens de la justice.
Aujourd’hui dans le voyage intérieur je vous invite à porter la robe d’un d’avocat sur laquelle repose un principe fondamental : chaque individu a droit à une défense, quelle que soit la gravité des faits qui lui sont reprochés.


